Apnée du sommeil : les signes qui doivent alerter

Par Claire Aubriant · publié le 7 août 2026

Apnée du sommeil : les signes qui doivent alerter : illustration

Vous dormez huit heures et vous vous réveillez épuisé. Votre conjoint se plaint de vos ronflements — ou pire, dit que vous « arrêtez de respirer » la nuit. L’apnée du sommeil touche des millions de personnes en France, et la majorité l’ignore : on estime que près de 8 malades sur 10 ne sont pas diagnostiqués. Voici comment la reconnaître — et pourquoi ça vaut vraiment la peine de s’en occuper.

C’est quoi, exactement ?

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est une fermeture répétée des voies respiratoires pendant le sommeil : la gorge se relâche, l’air ne passe plus pendant 10 à 30 secondes (parfois plus), le cerveau déclenche un micro-réveil pour reprendre la respiration — et ce cycle se répète des dizaines, parfois des centaines de fois par nuit, sans que le dormeur en garde le moindre souvenir.

Résultat : un sommeil haché en morceaux, privé de ses phases profondes — d’où le paradoxe caractéristique : des nuits longues ET une fatigue écrasante. Peu importe le nombre de cycles théoriques : ils sont sabotés de l’intérieur.

Les signes qui doivent alerter

Les signes de nuit (souvent rapportés par le partenaire) :

Les signes de jour (ceux qu’on met sur le compte du stress) :

Qui est à risque ?

L’apnée n’est pas réservée aux hommes de 60 ans en surpoids, mais certains facteurs pèsent lourd : le surpoids (facteur n°1), le tour de cou important, l’âge, le sexe masculin (mais les femmes rattrapent après la ménopause, souvent avec des signes atypiques : fatigue, insomnie, humeur), l’alcool le soir, le tabac, et certaines morphologies (menton reculé, grosses amygdales). Les enfants peuvent aussi être touchés — chez eux, ronflements + sommeil agité + troubles de l’attention doivent faire consulter.

Pourquoi il ne faut pas laisser traîner

L’apnée non traitée n’est pas qu’une affaire de fatigue. Les centaines de micro-asphyxies nocturnes stressent le système cardiovasculaire nuit après nuit : hypertension, troubles du rythme, risque accru d’AVC et d’infarctus, diabète aggravé — et un risque d’accident de la route multiplié par la somnolence. C’est l’une des causes de fatigue chronique les plus rentables à traiter : le bon traitement change la vie en quelques semaines.

Comment se faire dépister ?

  1. Parlez-en à votre médecin traitant — décrivez les signes de nuit ET de jour (venez avec le témoignage du partenaire si possible)
  2. Il pourra prescrire une polygraphie ventilatoire : un petit appareil à porter chez soi une nuit, qui enregistre respiration, oxygène et rythme cardiaque (ou une polysomnographie complète en centre du sommeil pour les cas complexes)
  3. Le diagnostic compte les apnées par heure : c’est l’IAH (léger 5-15, modéré 15-30, sévère au-delà de 30)

Côté traitements, du plus courant au plus spécifique : la PPC (masque à pression positive — spectaculairement efficace, et bien mieux tolérée que sa réputation), l’orthèse d’avancée mandibulaire (gouttière de nuit, pour les formes légères à modérées), la perte de poids, la position de sommeil (éviter le dos), et la réduction de l’alcool le soir.

En attendant le rendez-vous

Trois gestes utiles dès maintenant : dormez sur le côté (une astuce éprouvée : une balle de tennis cousue dans le dos du pyjama), supprimez l’alcool le soir, et surélevez légèrement la tête de lit. Mais n’en restez pas là : ces mesures soulagent, elles ne remplacent pas un diagnostic. Et si vos nuits sont normales mais votre fatigue persiste, explorez les autres pistes — dette de sommeil, horaires décalés par rapport à votre chronotype, ou simplement une durée de nuit insuffisante pour votre âge.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation : l’apnée du sommeil est une affaire de médecin — et elle se soigne très bien.

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