Apnée du sommeil, les signes qui doivent alerter et le test simple

Par Claire Aubriant · publié le 29 septembre 2026

Apnée du sommeil, les signes qui doivent alerter et le test simple : illustration

Un dormeur qui fait ses 8 heures et se réveille épuisé cherche souvent le coupable du côté du stress ou du matelas. Le vrai suspect passe inaperçu parce qu’il opère quand personne ne regarde, plusieurs centaines de fois par nuit chez certains, et que son porteur est le seul à ne jamais l’entendre. L’apnée du sommeil est l’un des troubles les plus répandus et les moins diagnostiqués, et ses signes se repèrent pourtant depuis l’oreiller d’à côté.

Comment reconnaître une apnée du sommeil ?

La réponse courte : par l’association d’une nuit bruyante et d’une journée épuisée. La nuit, des ronflements forts entrecoupés de silences puis de reprises bruyantes de la respiration, des réveils en sursaut, des sueurs. Le jour, une fatigue présente dès le réveil malgré une durée de sommeil normale, une somnolence dans les situations calmes, des maux de tête au lever. Un seul signe ne suffit pas, leur cumul doit mener au médecin.

Le mécanisme explique tout le tableau. Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent, et chez certains dormeurs les voies respiratoires se ferment partiellement ou complètement, dix, trente, parfois plus de soixante fois par heure. Chaque fermeture prive le corps d’oxygène quelques secondes, le cerveau déclenche un micro-réveil pour relancer la respiration, et le dormeur ne s’en souvient jamais. Sa nuit est hachée en dizaines de fragments, son sommeil profond s’effondre, et il se lève avec la fatigue d’une nuit blanche qu’il n’a pas vue passer.

Les signes nocturnes se constatent rarement seul. Le ronflement fort et irrégulier est le premier, surtout quand il s’interrompt sur des silences de plusieurs secondes suivis d’une reprise en fanfare, ce sont les pauses que décrit le partenaire de lit, souvent le vrai lanceur d’alerte. S’y ajoutent des réveils avec sensation d’étouffer, des sueurs nocturnes et des envies d’uriner répétées. Les signes diurnes complètent le tableau, somnolence dans les transports ou en réunion, maux de tête du matin, irritabilité, concentration en berne, et cette fatigue de fond qu’aucune grasse matinée ne répare, à ne pas confondre avec un simple manque de sommeil.

Qui est concerné, et comment se faire dépister

Le profil classique existe, homme de plus de 50 ans, surpoids, cou large, ronfleur ancien. Il ne doit pas masquer les autres, femmes après la ménopause chez qui les signes sont plus discrets, fatigue et humeur plutôt que ronflement spectaculaire, personnes minces dont la mâchoire reculée rétrécit le passage de l’air, enfants aux amygdales volumineuses. La majorité des personnes apnéiques s’ignorent, souvent depuis des années.

Le dépistage commence chez le médecin traitant, questionnaires de somnolence à l’appui, et passe par un enregistrement du sommeil, le plus souvent une polygraphie à domicile, un petit boîtier et des capteurs portés une nuit dans son propre lit. Le compte des événements respiratoires par heure pose le diagnostic et sa sévérité. Le parcours complet est détaillé sur la page apnée du sommeil de l’Assurance maladie.

Le dépistage vaut la démarche, car les traitements marchent. La pression positive continue, ce masque qui souffle un filet d’air pour garder la gorge ouverte, transforme la vie des apnéiques sévères en quelques semaines, beaucoup redécouvrent ce qu’est un matin reposé. Les formes légères relèvent d’une orthèse dentaire, de la perte de poids, du sommeil sur le côté et d’un alcool du soir réduit. Rien de tout cela ne commence sans la première étape, prendre au sérieux un ronflement qui s’arrête et repart, et en parler.

Vos questions

Quels sont les signes de l'apnée du sommeil ?

La nuit : ronflements forts et irréguliers, pauses respiratoires constatées par le partenaire, réveils en sursaut avec sensation d'étouffement, sueurs, envies d'uriner répétées. Le jour : fatigue dès le réveil malgré une nuit complète, somnolence dans les situations passives, maux de tête matinaux, irritabilité et troubles de concentration. C'est l'association nuit agitée plus journée épuisée qui doit alerter.

Qui est le plus touché par l'apnée du sommeil ?

Le profil le plus fréquent associe surpoids, plus de 50 ans, sexe masculin, cou large et ronflement ancien. Mais l'apnée touche des profils qu'on n'attend pas : femmes après la ménopause, personnes minces avec une mâchoire reculée, enfants aux grosses amygdales. On estime qu'une large majorité des personnes concernées ne sont pas diagnostiquées.

Comment se faire dépister pour l'apnée du sommeil ?

En parler à son médecin traitant, qui évalue avec des questionnaires de somnolence et oriente vers un enregistrement du sommeil : polygraphie à domicile dans la plupart des cas, un boîtier et des capteurs portés une nuit chez soi, ou polysomnographie en centre du sommeil pour les cas complexes. Le diagnostic compte le nombre de pauses ou de réductions de la respiration par heure.

L'apnée du sommeil se soigne-t-elle ?

Oui, et les traitements sont efficaces. La référence des formes modérées à sévères est la PPC, un masque qui maintient les voies respiratoires ouvertes par une légère pression d'air, avec des effets souvent spectaculaires sur la fatigue. Les formes plus légères relèvent d'une orthèse d'avancée mandibulaire, de la perte de poids, du sommeil sur le côté et de la réduction de l'alcool le soir.

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